Je me souviens de mon retour à la maison, un samedi soir de janvier. J’avais piétiné des heures dans ce « salon », porte de Versailles, Paris. J’avais 17 ans.
Je me souviens que, ce soir là j’ai su, oui enfin, je savais.
Quoi?
Que je voulais travailler avec mes mains. Prendre soins du corps de l’autre, avec mes mains.
Mais l’ostéopathie? Pourquoi Ostéopathe? Je n’en avais jamais consulté, mais Lui si…il en avait besoin!
Ce soir là, pourtant, c’était une évidence.
Étais-ce pour lui prouver à Lui, que moi, sa fille ainée, moi, issue d’un milieu où on ne fait pas d’études. Moi, fille de commerçants, petite fille d’agriculteurs, d’artisans, je saurais prouver ma force de caractère dans le travail par la voie des études supérieures.
« Si tu fais pas d’études, tu devras travailler dure comme nous, pour bien gagner ta vie. »
Personne n’y crois vraiment. Même pas moi!
Allez, 6 années d’études, c’est vite passé, je peux y arriver. Ce n’est pas du vrai travail…
Faire des études, faire un Vrai métier, un métier dont on a besoin, dont Il a besoin.
Moi tout ce que je veux c’est prendre soin, avec mes mains, avec mon corps.
Je veux écouter, sentir, ressentir, donner.
Je me souviens des soirées plongée dans le dictionnaire pour comprendre la signification de chaque mot écrit sur ma feuille. Et des feuilles il y en a eu des centaines. Apprendre une nouvelle langue, de nouveaux symboles, et tout faire rentrer dans des cases qui n’existaient pas.
6 années de syndrome de l’imposteur, 6 années assise sur une chaise à regarder les feuilles des arbres danser dehors, 6 années à rêver de danser avec elles.
Jamais lâcher, ne pas décevoir, et tout cet argent dépensé dans ces journées de présence à chercher le sens.
On m’a dit une fois, bien après tout ça, qui ? Je ne sais plus. On m’a dit que rien n’arrivait par hasard, que tout avais un sens !
On dit que devenir Mère, donne un sens à sa vie. Oui, pourquoi pas.
Mais peut-être que, pour moi, tout est parti de là. Une naissance et un corps qui reste là, déchiré,
abusé, inerte.
Comprendre mon corps, dans ces maux, dans sa souffrance. Y mettre des mots, y mettre du sens. Répondre aux « pourquoi » qui s’enchainent. Parce que tout est là, dans le corps, toutes les mémoires d’une vie et même plus, la notre et celle des autres, des anciens. Tout est là inscrit dans nos cellules, et le corps se rappelle, le corps hurle: ses peurs, ses injustices, ses « ça suffit ».
Au travers de mes traumatismes, vécus, portés, j’ai d’abord subi, puis j’ai traversé, je suis tombée, je me suis relevée, j’ai cherché, j’ai mis des mots, j’ai été écouté, accompagné, j’ai compris, en partie, et cherche encore, et chercherais toujours le sens.
À travers les maux de mes patients, au travers leurs mots, leur histoire et leurs corps, je cherche, j’écoute, je sens, je ressens, j’aide à comprendre et trouver le sens.
Mon histoire personnelle et professionnelle, intimement liées, les différentes rencontres humaines qui m’ont accompagnées dans ce parcours de vie, avec des chercheurs de sens aux pratiques différentes, m’ont permise de proposer un accompagnement qui aujourd’hui à pour moi, du sens.
Un accompagnement global, fait de toute la matière théorique que j’ai acquise, fait de toute l’expérience clinique que j’ai vécue, fais de toutes les rencontres humaines et professionnelles qui m’ont enrichi, fait de toute mon histoire qui fait de moi ce qui je suis. Un accompagnement qui ne cessera d’évoluer. Un accompagnement qui se veut en lien avec les professionnels de la santé, du soin et du social, qui m’entourent, pour qu’ensemble nous puissions faciliter le chemin des personnes en demande vers un meilleur équilibre de vie, une meilleure santé, vers plus de sens. Pour un respect de Soi et par conséquent du Vivant. Pour un avenir meilleur.